Le mardi 29 septembre, plusieurs organisations syndicales de la fonction publique appellent les agents publics à se mobiliser autour d’une question devenue centrale : la rémunération.
Dans les Vosges, un rassemblement est organisé à 13 h 30 devant la Préfecture des Vosges à Épinal.
Le tract intersyndical revendique notamment une revalorisation du point d’indice, une refonte des grilles indiciaires, le rétablissement de la GIPA et une meilleure reconnaissance salariale des agents publics.
Le SNT Vosges relaie cette mobilisation, tout en rappelant que chaque agent reste naturellement libre de décider de sa participation.
Mais que l’on participe ou non au rassemblement, la question salariale des territoriaux mérite d’être entendue.
Le SMIC augmente. Les grilles, elles, ne suivent plus
Les agents territoriaux connaissent les mêmes réalités quotidiennes que les salariés du secteur privé : alimentation, logement, énergie, carburant, assurances, mutuelle…
Mais leur rémunération obéit à un mécanisme particulier.
Le traitement des fonctionnaires repose notamment sur l’indice détenu par l’agent et la valeur du point d’indice. Lorsque le SMIC progresse plus rapidement que les premiers niveaux des grilles, celles-ci se retrouvent progressivement rattrapées.
C’est ce phénomène que le SNT Vosges dénonce depuis plusieurs mois : le tassement des grilles indiciaires.
Pour les agents concernés, le problème dépasse largement la seule question du niveau du SMIC.
Lorsque plusieurs échelons se retrouvent proches du salaire minimum, que reste-t-il de la reconnaissance :
- de l’ancienneté ;
- de l’expérience professionnelle ;
- des qualifications ;
- de la réussite à un concours ;
- des responsabilités exercées ?
Une carrière dans la fonction publique territoriale doit permettre une véritable progression de rémunération.
Les mêmes dépenses que dans le privé… mais beaucoup moins de visibilité
Les salariés du secteur privé ne sont évidemment pas tous protégés contre la perte de pouvoir d’achat. Les situations sont très différentes selon les entreprises et les branches.
Mais les agents territoriaux connaissent une difficulté supplémentaire : ils ne disposent quasiment d’aucune prise directe sur l’évolution de leur traitement indiciaire.
Une entreprise peut négocier des augmentations salariales, revoir ses classifications ou conclure des accords.
Pour un agent territorial, la rémunération indiciaire dépend d’une grille nationale et de la valeur du point d’indice.
Lorsque celles-ci n’évoluent pas suffisamment, l’agent ne dispose d’aucun mécanisme individuel lui permettant de négocier son traitement indiciaire avec sa collectivité.
C’est précisément cette absence de visibilité qui inquiète aujourd’hui.
Comment se projeter professionnellement lorsque l’on ne sait pas comment évolueront demain les grilles sur lesquelles repose sa rémunération ?
Le problème n’est plus seulement le salaire d’aujourd’hui, mais la carrière de demain
À force de rapprocher les premiers échelons du SMIC sans reconstruire véritablement les grilles, le risque est de voir diminuer progressivement les écarts correspondant à l’ancienneté, aux qualifications et aux responsabilités.
Le SNT Vosges défend donc une véritable reconstruction salariale :
revaloriser les grilles indiciaires, afin que les premiers échelons ne soient plus continuellement rattrapés par le SMIC ;
préserver de véritables écarts entre les catégories C, B et A, correspondant aux niveaux de qualification et de responsabilité ;
reconnaître réellement l’ancienneté et l’expérience professionnelle ;
redonner des perspectives de progression aux agents tout au long de leur carrière ;
améliorer durablement le pouvoir d’achat des territoriaux.
Le régime indemnitaire doit également jouer son rôle
Tout ne dépend cependant pas du niveau national.
Les collectivités disposent aussi du régime indemnitaire.
Le SNT Vosges défend depuis plusieurs années une meilleure utilisation de celui-ci pour reconnaître l’expérience professionnelle, les compétences et les responsabilités exercées par les agents.
Le régime indemnitaire ne remplacera jamais une véritable refonte des grilles indiciaires.
Mais lorsqu’une collectivité dispose de marges de manœuvre, elles doivent aussi servir à reconnaître le travail et l’engagement professionnel de ses agents.
Pour le SNT Vosges, les deux démarches sont complémentaires :
au niveau national, reconstruire les grilles et redonner de la valeur au traitement indiciaire ;
au niveau local, utiliser réellement le régime indemnitaire pour reconnaître l’expérience, les compétences et les parcours professionnels.
Le 29 septembre, chacun reste libre de son choix
Participer à une mobilisation est une décision personnelle.
Le SNT Vosges n’a pas vocation à dire aux agents ce qu’ils doivent faire.
En revanche, nous considérons que la voix des agents territoriaux doit être entendue.
Car lorsque le SMIC rattrape progressivement les grilles, ce n’est pas simplement une question de salaire minimum.
C’est la reconnaissance de l’ancienneté.
C’est la reconnaissance des concours.
C’est la reconnaissance des qualifications.
C’est la reconnaissance des responsabilités.
Et finalement, c’est le sens même d’une carrière dans la fonction publique territoriale qui est interrogé.
📍 Mardi 29 septembre 2026 : rendez-vous à Épinal
Dans les Vosges, les organisations syndicales appellent les agents qui souhaitent participer à la mobilisation à se retrouver :
🕜 à 13 h 30
📍 devant la Préfecture des Vosges à Épinal
Chacun reste libre de son choix.
Mais ce rendez-vous constitue une occasion de faire entendre la voix des agents territoriaux sur leurs salaires, leur pouvoir d’achat et l’avenir de leurs grilles indiciaires.
Même quotidien, mêmes dépenses… mais toujours trop peu de visibilité sur l’évolution de nos rémunérations.
Le SNT Vosges continuera, avant comme après le 29 septembre, à défendre une idée simple :
