SNT Info #19/02/2026

Édito

« Quand “tout roule”… jusqu’au jour où ça ne roule plus » 

Par Stéphane MARTIN

Depuis le 5 février, l’application nationale Hélios – outil central de la chaîne comptable des collectivités – a connu un incident technique majeur.

Pendant plusieurs jours, le système était indisponible ou fortement dégradé. Concrètement, cela signifiait : pas de mandat validé, pas de paiement exécuté.

Et donc, potentiellement :

  • des salaires retardés,
  • des factures non réglées,
  • des prestations sociales suspendues,
  • des services fragilisés.

Le 17 février, un retour progressif à la stabilisation du système a été constaté. La situation semble désormais se normaliser. La collectivité, de son côté, a su anticiper et suivre le dossier avec sérieux.

« Mais cet épisode mérite réflexion. »

L’illusion du “tout fonctionne”

Nous vivons avec l’idée que tout est fluide.
Que l’informatique est notre alliée.
Que les virements partent automatiquement.
Que les salaires tombent toujours à date fixe.

En apparence, tout roule.

Pourtant, cet incident national nous a rappelé une réalité simple : nos organisations reposent sur des chaînes techniques complexes. Et lorsqu’un maillon lâche, ce ne sont pas des lignes de code qui souffrent.

Ce sont des personnes.

Les agents, d’abord.
Mais aussi les usagers.
Et les partenaires de la collectivité.

Pas de paiement, c’est :

  • un risque de difficultés bancaires pour les agents (rejets de prélèvements, frais, découverts) ;
  • des prestations sociales qui peuvent être retardées pour des usagers qui en dépendent ;
  • des entreprises et prestataires en attente de règlement ;
  • des approvisionnements potentiellement fragilisés (cantines, services, fournisseurs, maintenance, etc.).

« Nous sommes passés à proximité de difficultés très concrètes. »

La vigilance syndicale, dès le premier signal

Dès que le SNT Vosges a eu connaissance de cet incident national, nous avons immédiatement pris contact avec la Direction des Ressources Humaines. 

Notre objectif était clair :
vérifier l’impact potentiel sur la paie de février et, le cas échéant, pouvoir alerter rapidement les agents.

Non pour créer de l’inquiétude.
Mais pour prévenir.

Être représentant du personnel, ce n’est pas intervenir une fois le problème installé.
C’est poser les questions en amont.
C’est anticiper un risque avant qu’il ne devienne une difficulté sociale.

Dans le contexte économique actuel, où de nombreux agents ont des crédits, des loyers, des mensualisations fixes, quelques jours de décalage peuvent entraîner des frais bancaires, des rejets de prélèvements et un impact budgétaire réel.

« Notre responsabilité est de veiller. »

Nous n’avons pas été les seuls lanceurs d’alerte. la DBF a communiqué sur l’incident dès le 10 février via Yammer. 

Une sécurité apparente

Nous avons collectivement intégré une forme de sécurité automatique :
le système est là, donc il fonctionne.

Mais la sécurité n’est jamais acquise. Elle est entretenue, surveillée, questionnée.

L’épisode Hélios nous rappelle que derrière chaque “flux automatique”, il y a des dépendances techniques nationales sur lesquelles les collectivités n’ont pas la main.

Et lorsque l’incident survient, la vigilance humaine redevient essentielle.

Ce que nous retenons

  • Le système Hélios est en voie de stabilisation depuis le 17 février.
  • L’incident était national et indépendant des services locaux.
  • La collectivité a suivi la situation avec sérieux.
  • Le SNT Vosges a joué son rôle d’alerte et de prévention.

L’informatique est un outil précieux.
Mais elle ne remplace ni l’anticipation, ni la responsabilité.

Et tant que nous serons représentants des agents, nous continuerons à poser les questions nécessaires — même lorsque tout semble fonctionner.

« Parce que prévenir, c’est protéger. »


Quand l’engagement sauve des minutes précieuses…

« Le vendredi 6 février au matin, un début d’incendie se déclare au collège Louis Armand de Golbey. »

Dans ces premières minutes où tout peut basculer, il n’y a pas de théorie. Il y a des réflexes. Il y a du sang-froid. Il y a une personne qui agit.

Madame Christelle CORTHIER réagit immédiatement.
Lucidité, calme, rapidité d’analyse.
Son intervention contribue à la mise en sécurité des élèves et des personnels.

Son action a été officiellement saluée par le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale des Vosges dans un courrier du 11 février 2026, soulignant un sang-froid remarquable, un grand sens des responsabilités et une efficacité déterminante dans la gestion de l’événement 

 « Les faits sont établis. L’engagement est reconnu. »

Une question simple : que faisons-nous de ces engagements ?

En tant que représentants en F3SCT, nous avons saisi la collectivité afin que cette action puisse être valorisée au titre de la prévention et de la culture de sécurité.

📌Il ne s’agit pas d’opposer les institutions.

📌Il s’agit d’ouvrir une réflexion collective.

Car derrière cette situation particulière se cache une question plus large, que beaucoup d’agents connaissent intimement : celle de la reconnaissance.

La reconnaissance : un besoin profondément humain

Les travaux menés sur la qualité de vie au travail convergent : la reconnaissance n’est pas un « supplément ». Elle est un moteur.

Une synthèse publiée par l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) rappelle que la reconnaissance joue un rôle central dans le sentiment d’utilité, l’identité professionnelle et le bien-être au travail (ANACT, Enquête reconnaissance au travail, 2023).

Plus largement :

  • 79 % des salariés déclarent qu’ils travailleraient davantage s’ils se sentaient mieux reconnus pour leurs efforts (enquête citée par Altrum, 2023).
  • 69 % affirment qu’ils mettraient plus d’énergie dans leur travail si leurs contributions étaient réellement appréciées (Altrum, 2023).

Ces chiffres ne parlent pas seulement de performance.
Ils parlent d’un besoin humain : être vu, être reconnu, savoir que son engagement compte.

Dans la fonction publique, les études en sciences de gestion soulignent que, même lorsque les agents trouvent du sens à leur mission de service public, la reconnaissance institutionnelle reste une attente forte (Revue Recherches en Sciences de Gestion, 2017).

Ce constat, beaucoup peuvent s’y reconnaître.

👉 Combien d’agents ont déjà géré une urgence sans bruit ?

👉 Combien ont assumé des responsabilités au-delà de leur fiche de poste ?

👉 Combien ont fait « simplement leur travail »… dans des conditions qui exigeaient bien plus ?

Reconnaître, c’est renforcer la prévention

L’événement du 6 février n’est pas seulement un fait divers interne.
C’est une illustration concrète de ce qu’est la prévention vivante.

La prévention, ce n’est pas uniquement un registre de sécurité.
Ce sont des agents formés, attentifs, capables d’agir avec discernement.
Ce sont des décisions prises dans l’instant, pour protéger les autres.

Valoriser ces comportements, c’est :

👉 renforcer la culture de sécurité,

👉 encourager les bons réflexes,

👉 montrer que l’engagement professionnel est vu et considéré.

« La reconnaissance n’est pas qu’un geste symbolique.
Elle participe à la construction d’un climat de travail où chacun se sent utile, respecté et soutenu. »

Mettre à l’honneur, c’est parler à tous

Aujourd’hui, nous souhaitons publiquement saluer l’action de Madame Christelle CORTHIER.

Parce que son engagement honore le service public.
Parce qu’il incarne ce que nous faisons chaque jour : assurer, protéger, maintenir la continuité.

Mais aussi parce que cette mise à l’honneur dépasse une seule personne.

Elle parle à tous les agents qui comme Christelle  :

👉prennent des initiatives responsables,

👉gèrent des situations imprévues,

👉font preuve de professionnalisme sans attendre autre chose que d’accomplir leur mission.

« La reconnaissance professionnelle n’est pas une revendication accessoire.
Elle est un facteur de motivation, de cohésion et de qualité du service rendu aux citoyens. »

🔎Nous n’oublions pas les 44 sapeurs-pompiers du SDIS des Vosges qui ont donné de leur personne pour maitriser cet incendie

Lorsque l’engagement est reconnu, il se renforce.
Lorsqu’il reste invisible, il s’érode.

👉Reconnaître, c’est donner du sens.

👉Reconnaître, c’est dire : nous avons vu ce que vous avez fait.

👉Reconnaître, c’est affirmer que derrière chaque mission, il y a des femmes et des hommes qui s’investissent pleinement.

Et cela mérite d’être dit.

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