ÉDITO
Quand la maladie devient un motif d’exclusion silencieuse
La Cour administrative d’appel de Bordeaux l’a rappelé avec force : le congé maladie ne peut, à lui seul, justifier l’exclusion d’un tableau d’avancement.
Une évidence juridique, mais un rappel nécessaire à une époque où la maladie tend à redevenir suspecte, où la protection statutaire se fissure sous les coups d’une logique comptable.
Depuis le retour du jour de carence et la mise en œuvre de la décote de 10 % sur la rémunération pendant les arrêts maladie, un phénomène troublant s’installe : des agents choisissent de poser des congés pour se soigner ou se faire opérer, afin de ne pas subir de perte de salaire.
Autrement dit, ils se mettent eux-mêmes à l’écart du dispositif protecteur censé les accompagner.
Ce comportement n’est pas un abus : c’est le symptôme d’un système qui dissuade de tomber malade.
Il dit la peur de la sanction financière, la crainte du jugement hiérarchique et l’épuisement d’une fonction publique qui culpabilise au lieu de protéger.
Et la dérive ne s’arrête pas là.
Certaines collectivités vont jusqu’à imputer une décote sur le complément indemnitaire annuel (CIA) en cas de congé maladie.
C’est pourtant juridiquement infondé et contraire au statut :
le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 est explicite — le CIA repose sur l’engagement professionnel et la manière de servir, non sur la présence physique.
La DGAFP et plusieurs décisions du Conseil d’État (notamment CE, 18 juin 2003, n° 229278, Mlle Demaret) rappellent que le CIA ne peut être réduit automatiquement du seul fait d’une absence pour raison de santé.
Une modulation n’est possible qu’à la condition d’être motivée par une appréciation individuelle, jamais par une règle uniforme ou punitive.
Sinon, c’est une erreur de droit et une atteinte au principe d’égalité entre agents.
Ainsi, en additionnant jour de carence, abattement de 10 %, et décote illégale du CIA, on fabrique une triple peine : financière, morale et symbolique.
Les agents malades ne se sentent plus protégés, mais fragilisés.
Et dans ce climat, chacun apprend à s’effacer — à taire sa douleur, à différer un soin, à poser des congés “pour ne pas perdre”.
Le paradoxe est total :
alors que le droit européen rappelle que la maladie ne peut faire perdre le droit au congé, la gestion locale pousse à s’auto-exclure pour préserver sa fiche de paie.
Ce n’est plus une politique de santé, c’est une politique de peur.
Le SNT le dit sans détour : la santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.
La maladie n’est ni une faute, ni une absence de valeur professionnelle.
Notre rôle syndical est de rétablir la confiance et de rappeler à chaque employeur territorial que protéger ses agents, c’est protéger le service public.
Nous revendiquons une gestion des ressources humaines fondée sur le droit, la reconnaissance et le respect, pas sur la suspicion.
Parce qu’un service public fort, c’est un service qui soigne — pas un service qui sanctionne.
🧾 CAA Bordeaux, n° 23BX01418 – 30 septembre 2025
🧾 Décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 – art. 3 ; CE, 18 juin 2003, n° 229278 ; CJUE, directives 2003/88/CE et jurisprudence associée.
Stéphane MARTIN
Promotions 2025 : Entre résignation et incompréhension parmi les agents.

Depuis la publication de la liste des agents promus, le mécontentement gronde dans les services du Département.
Beaucoup d’agents se disent déçus, voire révoltés, de ne pas comprendre les critères ayant conduit à leur exclusion du dispositif d’avancement de grade.
Le sentiment général est celui d’un manque de transparence, nourri par l’absence de tableau d’avancement clairement communiqué.
Un système d’avancement jugé opaque
Pour de nombreux agents, l’impression est que les décisions sont prises sans explication, voire sur des bases arbitraires.
Certains collègues, exerçant des missions à forte responsabilité, n’ont pas été reconnus malgré des années d’expérience, tandis que d’autres ont été promus sans justification apparente.
Le SNT Vosges rappelle que, selon le Code général de la fonction publique (article L.522-24), l’avancement de grade doit être fondé sur des critères objectifs, définis dans les Lignes Directrices de Gestion (LDG).
Autrement dit, chaque agent a le droit de connaître les règles qui régissent sa carrière, et l’administration a le devoir de les rendre accessibles et traçables.
Or, en l’absence de tableau d’avancement formellement établi et consultable, ces garanties de transparence sont aujourd’hui battues en brèche.
Nous considérons qu’il s’agit d’un dysfonctionnement majeur, contraire à l’esprit de la loi du 6 août 2019 sur la transformation de la fonction publique, censée justement renforcer la clarté et l’équité dans les promotions.
Des agents en quête de reconnaissance
Au-delà des chiffres, ce sont des parcours humains qui se sentent niés :
des agents qui exercent depuis des années des fonctions de catégorie supérieure, sans reconnaissance ni revalorisation,
des promesses de régularisation non tenues,
et une frustration collective face à un système perçu comme verrouillé et inéquitable.
Le SNT Vosges alerte sur le risque de démotivation durable, alors même que la collectivité a besoin de mobiliser toutes les compétences disponibles dans un contexte de tension sur les effectifs.
Le syndicat réaffirme son exigence d’un dispositif d’avancement clair, équitable et traçable, fondé sur la réalité des missions et des responsabilités exercées.
Le CREP : un levier pour faire valoir ses droits
Dans ce contexte, le Compte Rendu d’Entretien Professionnel (CREP) apparaît comme le meilleur outil à la disposition des agents pour :
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formuler officiellement une demande de promotion,
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faire reconnaître leurs compétences et responsabilités réelles,
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et constituer une base écrite pour toute contestation ou demande de réexamen.
Le SNT encourage chaque agent à préparer son entretien professionnel 2025 avec sérieux, à mentionner explicitement ses souhaits d’évolution, et à garder une copie de son CREP signée par la hiérarchie.
Ce document est souvent le seul appui concret pour démontrer la cohérence entre les missions exercées et le grade visé.
📅 Une formation syndicale pour accompagner les agents – 5 décembre 2025
Conscient des difficultés rencontrées, le SNT Vosges organise le vendredi 5 décembre 2025 une formation syndicale dédiée au CREP.
Cette journée, ouverte à tous les agents , aura pour objectifs de :
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comprendre le cadre légal du CREP et son rôle dans la gestion des carrières ;
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savoir formaliser une demande de promotion et valoriser ses compétences réelles ;
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et utiliser le CREP comme levier de reconnaissance professionnelle.
📍 Lieu : 8 rue de la Préfecture, salle Jules Ferry (Épinal).
🗓️ Date : vendredi 5 décembre 2025.
Les inscriptions se feront via un formulaire en ligne (ICI).
⚠️ Conformément au décret n°85-397 du 3 avril 1985 relatif au droit à la formation syndicale, la demande d’autorisation d’absence doit impérativement être déposée auprès de la hiérarchie au moins un mois avant la date de la formation, soit avant le 5 novembre 2025.
Le SNT Vosges appelle chaque agent à se saisir de ses droits, à refuser l’opacité et à faire du CREP un outil de justice et de reconnaissance professionnelle.
Jean Yves VINCENT


Bonjour, je voulais connaitre la raison pour laquelle certains agents de maitrise étaient condamnés à restés simple agents de maitrise alors que d’autre avaient l’opportunité d’évoluer au grade d’agent de maitrise principal et surtout dans une même direction (DRP).
Je trouve cette décision injuste et à la limite de la discrimination.
Je pense ne pas être le seul dans cette situation.
Les routes sont vraiment la dernière roue de la charrette du département des Vosges.
Cordialement.
Le SNT Vosges dénonce une situation profondément injuste : de nombreux agents de maîtrise sont délibérément maintenus à leur grade, non pas en raison de leurs fonctions ou de leurs compétences, mais par un choix assumé de la collectivité de fixer les chefs d’équipe à ce niveau de carrière.
Ce blocage ne repose sur aucun critère objectif ni professionnel. Il traduit avant tout une volonté de préserver les équilibres internes existants, au détriment de la reconnaissance du travail, de l’expérience et de l’investissement quotidien des agents.
Pour le SNT Vosges, cette logique est inacceptable.
La carrière des agents ne doit pas être figée par des décisions de convenance. Nous revendiquons une véritable équité de traitement et la possibilité pour chacun d’évoluer vers un grade supérieur, en fonction de ses responsabilités réelles et de son mérite.
Accepter d’ouvrir cette évolution, c’est aussi envisager que la collectivité permette, par exemple, de promouvoir des chefs de centre en catégorie B, alors que leurs fonctions le justifient pleinement.
Depuis plusieurs années, le SNT Vosges réclame la création d’un groupe de travail dédié pour examiner ces situations, rétablir une gestion équitable des carrières et mettre fin à ces blocages arbitraires.
Nous continuerons à défendre, avec détermination, les principes d’équité, de reconnaissance et de progression professionnelle pour tous les agents quelque soit leur direction.
Bien cordialement,
Le SNT Vosges
Bonjour, effectivement nous sommes bien laissé dans notre coin. Nous les chefs d’équipe des UT faisons le travail des chefs de centre, des RER et j’en passe…
Pour nous dire que nous ne serons jamais AM principal, alors qu’on nous dit que la collectivité est équitable?! T’en mieux pour les collègues qui occupent des postes avec aucune responsabilité mais qui passe AM principal. On se bat pour 20€… franchement ?
Et toujours le même discours, du blabla… A l’époque il a fallu trancher entre chef d’équipe et chef de centre ( à l’époque il n’y avait pas de ceinture dans les voitures) .
Quand le chef de centre ou le RER est absent ou même présent, qui doit gérer les centres?
ET bah oui les chefs d’équipes
Qui doit préparer les chantiers avec les entreprises? le chef d’équipe
Oui, nous les chefs d’équipes avons des responsabilités importantes mais que la direction se moque complètement. Ils se disent de toute façon, ils ont signé leur fiche de poste. C’est une belle discrimination.
Bonjour,
Votre témoignage illustre parfaitement la réalité que nous dénonçons depuis longtemps.
Les chefs d’équipe assurent aujourd’hui des missions qui dépassent largement leur cadre statutaire : encadrement, planification, sécurité, coordination avec les entreprises… autant de responsabilités qui devraient être reconnues par un déroulement de carrière cohérent et équitable.
Le SNT Vosges partage totalement votre sentiment d’injustice.
C’est justement pour cela que nous réclamons la mise en place d’un groupe de travail spécifique sur la reconnaissance des fonctions d’encadrement et la revalorisation des parcours professionnels.
Nous ne lâcherons rien sur ce sujet :
➡️ Reconnaissance des missions réelles
➡️ Équité de traitement entre agents
➡️ Fin des blocages arbitraires
La collectivité doit cesser de fermer les yeux sur ces situations inéquitables.
Nous continuerons à porter votre voix et celle de tous les agents concernés, avec la même détermination.
Bonjour,
Que penser d’une collectivité qui ne respecte pas ses engagements en matière de promotion ( ex: le non respect des fiches de postes par un principe d’application)?
Nous ne pouvons que nous interroger.
Respectueusement
Merci pour votre commentaire, il s’inscrit pleinement dans le débat.