Alors que de nombreuses collectivités territoriales découvrent encore timidement les usages de l’intelligence artificielle, le Conseil départemental des Vosges a choisi une approche plus structurée : former, accompagner et encadrer avant de généraliser.
La Direction du Numérique et de la Modernisation (DNM) pilote une démarche progressive autour de l’IA générative, notamment via le déploiement de Copilot Chat. Loin des effets d’annonce, l’objectif affiché est avant tout opérationnel : aider les agents dans certaines tâches du quotidien tout en conservant une maîtrise humaine des décisions et des contenus produits.
Une collectivité en avance sur de nombreux territoires
D’après le Baromètre 2025 de l’Observatoire Data Publica consacré à l’intelligence artificielle dans les collectivités, près d’une administration sur deux n’a encore donné aucune consigne formelle à ses agents concernant l’usage de l’IA générative.
Dans beaucoup de structures, les usages restent encore ponctuels, individuels ou expérimentaux.
Le CD88 a fait un choix différent.
« L’idée n’est pas de laisser les agents seuls face à ces outils, mais de construire collectivement des usages utiles, responsables et adaptés aux réalités du terrain »
Formations, webinars, ateliers métiers, accompagnement des usages, réflexion éthique, gouvernance des données : la démarche engagée par le Département dépasse largement le simple cadre informatique.
Des usages déjà très concrets
Les premiers retours d’expérience montrent que l’IA trouve progressivement sa place dans certaines missions administratives et rédactionnelles.
Parmi les usages les plus fréquents :
- la réécriture de documents ;
- les synthèses ;
- l’aide à la rédaction de mails ;
- la recherche d’informations ;
- la structuration de supports.
Selon le bilan interne réalisé dans le cadre du déploiement de Copilot Chat, une majorité d’utilisateurs estime déjà gagner du temps grâce à ces outils. Beaucoup évoquent également un meilleur confort de travail et une simplification de certaines tâches répétitives.
Pour certains agents, l’intérêt ne se limite d’ailleurs pas à la productivité.
« Cela permet aussi de se recentrer sur des missions à plus forte valeur humaine », souligne une participante aux ateliers d’accompagnement.
Une approche prudente et assumée
Le Département ne cache pas pour autant les limites de ces technologies.
Les retours d’expérience mettent aussi en évidence :
- des réponses parfois imprécises ;
- des difficultés sur certains sujets techniques ou juridiques ;
- la nécessité de relire systématiquement les contenus générés ;
- ainsi que des interrogations persistantes autour des données et du RGPD.
La collectivité travaille actuellement sur une charte d’usage et une réflexion éthique destinée à encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles.
Une vigilance assumée, à contre-courant d’une vision parfois très technophile du sujet.
Une transformation qui touche déjà les métiers
Au-delà de l’outil lui-même, c’est une nouvelle manière de travailler qui commence à émerger.
La DNM mise désormais sur une montée en compétence progressive des agents afin d’éviter une fracture entre les utilisateurs les plus avancés et ceux qui découvrent encore ces technologies.
Des « cafés IA », espaces d’échanges et ateliers métiers devraient continuer à se développer dans les prochains mois afin d’identifier de nouveaux cas d’usage adaptés aux réalités des services.
L’objectif reste clair :
faire de l’intelligence artificielle un appui au service des agents… sans perdre le sens du service public.
Sources
- Restitution finale « Déploiement Copilot Chat » – Conseil départemental des Vosges / Orange Business – Février 2026.
- Observatoire Data Publica – Baromètre 2025 « Les collectivités territoriales, la donnée et l’IA ».
- Banque des Territoires / Localtis – novembre 2025.
