EDITO : Le droit à l’erreur pour oser agir
Faire, c’est accepter de se tromper !
Au SNT-Vosges, nous assumons pleinement cette réalité.
Parce qu’agir, défendre, alerter, proposer ou négocier, ce n’est jamais rester confortablement à l’abri. C’est prendre position. C’est faire des choix. C’est avancer, parfois dans des situations complexes, avec des informations incomplètes, des contraintes fortes et des décisions qui doivent être prises.
Oui, il peut nous arriver de nous tromper.
Oui, une analyse peut évoluer.
Oui, une position peut être corrigée.
Et alors ?
On peut nous reprocher une erreur. Cela fait partie du débat, de la vie collective, de l’action syndicale. Nous l’entendons, nous l’acceptons, et nous savons en tirer les enseignements nécessaires.
Mais ce que nous ne voulons pas, c’est que l’on puisse nous reprocher de ne rien faire.
Car pour nous, le véritable risque n’est pas de se tromper en agissant. Le véritable risque, c’est de rester immobile. C’est de voir les difficultés des agents sans réagir. C’est de constater les problèmes sans les porter. C’est de laisser les situations se dégrader par peur de déplaire, par prudence excessive ou par crainte de l’erreur.
Le droit à l’erreur n’est donc pas une excuse. C’est une exigence d’action. Une organisation syndicale vivante doit pouvoir proposer, interpeller, contester, construire, puis ajuster si nécessaire. Ce n’est pas l’infaillibilité que nous revendiquons ; c’est le courage d’agir avec sincérité, responsabilité et détermination.
Cette conviction vaut aussi pour les agents de la collectivité. Dans un contexte professionnel exigeant, chacun doit pouvoir prendre des initiatives, exercer ses missions et contribuer au service public sans être paralysé par la peur permanente du faux pas. L’erreur reconnue, comprise et corrigée doit permettre de progresser, pas de culpabiliser.
Au SNT-Vosges, nous préférerons toujours l’action perfectible à l’inaction confortable. Nous préférerons toujours celles et ceux qui tentent, corrigent et avancent à celles et ceux qui ne prennent jamais aucun risque pour ne jamais avoir à répondre de rien.
Nous continuerons donc à porter la parole des agents, à alerter, à proposer et à défendre. Avec conviction. Avec humilité. Mais sans renoncer.
Qu’on nous reproche de nous tromper, nous saurons l’entendre.
Qu’on nous reproche de ne rien faire, jamais !
Surcote parentale : quand le SNT se trompe, il vérifie, corrige… et agit
Dans notre édito, nous avons assumé une chose simple : faire, c’est accepter de pouvoir se tromper.
Sur le dossier de la surcote parentale, cette phrase prend aujourd’hui tout son sens.
Nous avions alerté les agents du Conseil départemental des Vosges sur un risque de perte de droit lié à l’articulation entre la suspension partielle de la réforme des retraites et le seuil des 63 ans exigé pour bénéficier de la surcote parentale.
Dans un premier temps, notre raisonnement était le suivant : si un agent se retrouvait à 62 ans et 9 mois, il lui suffisait de travailler un trimestre supplémentaire pour atteindre 63 ans et ouvrir ainsi le droit à la surcote parentale.
Cela paraissait logique.
Mais le droit des retraites n’a pas toujours la délicatesse de suivre la logique.
Après vérification auprès des services RH, il est apparu que cette analyse était incomplète. Le blocage ne se résume pas à une simple question d’âge atteint après quelques mois supplémentaires. Il tient à l’articulation entre l’âge légal applicable, la date d’ouverture des droits, la date d’effet de la pension, les conditions propres à la surcote parentale et les règles de liquidation.
Autrement dit, travailler un trimestre de plus ne suffit pas nécessairement à neutraliser le problème.
Nous aurions pu laisser passer.
Nous aurions pu considérer que le sujet était trop technique, trop ciblé, trop complexe.
Nous avons fait l’inverse.
Dès lors que le risque a été confirmé, nous avons décidé de porter le dossier au-delà du seul niveau local.
Le SNT-Vosges a d’abord alerté les agents concernés, puis le sujet a été porté au niveau national par le SNT CFE-CGC. Une démarche a ensuite été engagée auprès des parlementaires afin de les alerter sur cette perte potentielle de droit pour des agents territoriaux parents.
lire l’article ICI
L’objectif est clair : obtenir une clarification et, si nécessaire, une correction du dispositif afin que des agents ne soient pas privés d’une majoration de pension pour un effet de seuil incompréhensible.
Car derrière ce sujet très technique, il y a des réalités concrètes.
- Il y a des agents territoriaux, souvent aux carrières modestes.
- Il y a des parents, et notamment des femmes, dont les parcours professionnels ont parfois été interrompus, ralentis ou pénalisés par les charges familiales.
- Il y a des pensions qui ne permettent déjà pas toujours de vivre dignement.
- Et il y a, au milieu de tout cela, un dispositif présenté comme favorable aux parents, mais susceptible de produire l’effet inverse pour certains d’entre eux.
C’est précisément pour cette raison que nous avons saisi les parlementaires.
Nous leur demandons d’interpeller le Gouvernement sur cette situation, de vérifier l’ampleur du problème pour les agents publics concernés, et de travailler à une solution législative ou réglementaire permettant d’éviter cette perte de droit.
Ce dossier démontre aussi notre manière de faire du syndicalisme.
Nous ne prétendons pas avoir toujours raison du premier coup.
Nous ne prétendons pas être infaillibles.
Mais lorsque nous identifions une difficulté, nous la travaillons. Lorsque notre analyse évolue, nous la corrigeons. Lorsque le problème dépasse le cadre local, nous le portons nationalement. Et lorsque des agents risquent de perdre un droit, nous ne nous contentons pas de constater : nous saisissons, nous alertons, nous demandons des réponses.
C’est cela, agir.
- Agir, ce n’est pas publier un article et passer à autre chose.
- Agir, c’est vérifier auprès des services compétents.
- Agir, c’est reconnaître qu’un raisonnement initial peut être insuffisant.
- Agir, c’est transformer une alerte locale en démarche nationale.
- Agir, c’est saisir les parlementaires pour qu’ils portent le sujet là où la règle peut être corrigée.
- Agir, c’est ne pas laisser des agents seuls face à une mécanique administrative qui risque de les priver d’un droit auquel ils pensaient pouvoir prétendre.
Alors oui, sur ce dossier, nous avons dû corriger notre première lecture.
Mais cette correction n’a pas été un recul.
Elle a été le point de départ d’une action plus forte.
Réorganisation express : le CST découvre la nouveauté… après tout le monde
Chronique du dialogue social à géométrie variable
Dans notre collectivité, l’innovation managériale ne connaît décidément aucune limite. La dernière illustration en date : une direction a été réorganisée, les agents ont été informés par note de service, les nouvelles modalités d’organisation ont commencé à se mettre en place… et le CST a découvert l’affaire après coup.
Une approche résolument moderne du dialogue social : pourquoi consulter avant quand on peut informer après ?
Lors du CST, le SNT-Vosges s’est permis de s’étonner de ce léger détail procédural. Simple curiosité de syndicalistes attachés à des concepts un peu désuets comme la consultation préalable des instances représentatives du personnel.
Face à cette situation, le SNT-Vosges a demandé que la réorganisation soit suspendue jusqu’à son examen par le CST. Une demande somme toute cohérente : lorsqu’un train est parti sans les voyageurs, on peut légitimement envisager de le faire revenir en gare.
La réponse de l’administration ? Un silence d’une remarquable éloquence.
Il faut reconnaître qu’il est difficile de contredire une telle démonstration d’efficacité. Le dialogue social est considérablement simplifié lorsque l’on s’affranchit de l’étape consistant à dialoguer. Quant à la consultation, elle gagne un temps précieux lorsqu’elle intervient après la décision, voire lorsqu’elle n’intervient pas du tout.
Certains esprits chagrins pourraient y voir une confusion entre « informer » et « consulter ». Nous préférons y voir l’émergence d’un nouveau modèle organisationnel : le CST en replay. Le service est réorganisé, les agents s’adaptent, les décisions sont prises, puis l’instance est invitée à admirer le résultat final.
Reste une question : si une réorganisation qui n’a pas été présentée au CST n’a pas à être suspendue, à quoi sert alors la consultation préalable ?
Peut-être sera-t-elle abordée lors d’un prochain CST. Ou pas.
En attendant nous vous souhaitons des bonnes vacances d’été !

EDITO : 
